La Bourse digère mal le coup de frein de l'économie chinoise au dernier trimestre

La Bourse digère mal le coup de frein de l'économie chinoise au dernier trimestre

mardi 19 octobre 2021Temps de lecture: 11 minutes

Le secteur du luxe pèse lourd dans le Cac 40 (près d’un quart). Kering, Hermès, L’Oréal et LVMH font la pluie et le beau temps en Bourse, a fortiori les jours de publication par la Chine d’indicateurs économiques, pays auquel ces entreprises sont très exposées.

Ces jours-là, leurs actions bougent davantage que le reste du marché et ce lundi n’a pas été une exception. A cause d’un ralentissement plus marqué que prévu de la croissance chinoise au troisième trimestre, Kering a perdu plus de 2%, suivi de près par LVMH. Hermès et L’Oréal ont lâché autour de 1%. Pour finir, le Cac 40 termine sur une perte de 0,81%, à 6.673,1 points.

Sur les trois mois à fin septembre, la Chine a fait état, cette nuit, d’une croissance de 4,9% sur un an (contre +5% attendu par les économistes), en ralentissement par rapport à la hausse de 7,9% du deuxième trimestre.

« L'économie du pays a été confrontée à de nombreux vents contraires », rappelle le stratégiste Jim Reid, chez Deutsche Bank, « tels que la crise du marché de l'immobilier avec les problèmes liés au groupe Evergrande et à d'autres promoteurs, une crise énergétique qui a contraint les usines à réduire leur production, ainsi qu'un certain nombre de foyers de Covid-19 qui a conduit à des restrictions strictes », à des limitations de la circulation et à la fermeture partielle du port de Ningbo, le troisième plus gros au monde en nombre de conteneurs, derrière Shanghai et Singapour.

L'acier, le ciment et l'automobile en contraction

Si les chiffres chinois restent sujets à caution, le ralentissement, lui, est acquis. Seul son rythme peut être remis en question. Dernièrement, l’économiste en chef de la banque Natixis, Patrick Artus, mettait en garde sur « la sincérité des chiffres chinois qui n’allait pas aller en s’arrangeant » justement à cause de la dégradation économique qui ne montre pas Pékin sous son meilleur jour.

Les autorités chinoises cherchent, depuis plusieurs mois, à corriger les excès du secteur immobilier, qui compte directement pour 15% du PIB (30% indirectement) et a longtemps contribué à la croissance insolente du pays. Or, en limitant l’accès au crédit immobilier, la Chine a aussi freiné l’activité des industries annexes, comme la sidérurgie et la cimenterie.

Des entreprises très polluantes qui, quoi qu’il en soit, sont dans le viseur des autorités. L’opération ciel bleu, dont le but est de purifier l’air autour de Pékin, a été réactivée, ciblant aussi la production de charbon, ce qui a aggravé la crise énergétique provoquée par la flambée des prix du gaz.

La Chine est depuis revenue sur sa limitation de production de charbon, pour tenter de stopper les coupures d’électricité et sécuriser au mieux l’approvisionnement de ses centrales thermiques… Mais, la semaine dernière, les inondations qui ont frappé la grosse province productrice de Shanxi ont contraint une soixantaine de mines à fermer, propulsant les prix du charbon à des nouveaux records en Bourse.

La croissance chinoise n’avait plus été aussi faible depuis le premier trimestre 2020, quand la crise sanitaire était à son plus fort en Chine, constate Vincent Boy, analyste de marchés pour le courtier IG France.

« La seconde puissance mondiale voit sa croissance ralentir sur fond de pénurie et de blocages dans les chaînes de production et d’approvisionnement. Par ailleurs, les coûts de l’énergie et des matières premières posent des risques de fermetures de capacités de production, qui pourraient intensifier ce phénomène sur les perspectives de croissance. »

Les chiffres de la production industrielle pour septembre (+3,1% sur un an après +4,4% en août et +3,8% attendu), également publiés cette nuit, sont « ressortis au plus bas depuis avril 2020 et au-delà de la crise sanitaire, il faut revenir en 2002 pour constater une croissance de la production industrielle aussi faible en Chine », plombée par de fortes contractions dans les industries de l’acier, du ciment et de l’automobile.

Des traders voient le Brent à 200 dollars

Dans ce contexte, alors que la production thermique d’électricité peut également se faire à base de pétrole, la poussée des prix du brut à des nouveaux sommets pluriannuels, ce lundi, n’augure rien de bon pour la suite. Le Brent de la mer du Nord, à plus de 86 dollars le baril, est à un pic de trois ans.

Le brut léger américain s’échange, quant à lui, à des prix inédits depuis sept ans (à presque 84 dollars). L’écart de prix en faveur du WTI inciterait les acheteurs chinois, et plus globalement asiatiques, à acquérir des supertankers de brut américain, d’après l’agence Bloomberg qui cite des traders.

Avec la reprise de la consommation, tandis que l’offre est toujours contrainte, certains voient le Brent atteindre le record de 200 dollars le baril d’ici à décembre 2022, rapporte le Wall Street Journal.

Les actions des entreprises pétrolières étaient en hausse. A Paris, TotalEnergies finit sur un gain de 0,4% (+80% depuis la fin octobre 2020), signant l'une des seules hausses du Cac 40, là où les entreprises du luxe ont trusté le bas de tableau.

La semaine dernière, grâce à l’ouverture de la saison des publications des comptes trimestriels et la copie de LVMH, ces mêmes entreprises avaient emmené la hausse de 2,5% du Cac 40. Pour la période courant de juillet à septembre, le numéro un mondial du luxe a, à nouveau, enregistré une croissance à deux chiffres (+11% par rapport à 2019, avant la crise).

La Chine, son ralentissement économique et l’offensive du gouvernement contre les dépenses des consommateurs les plus riches ne semblent pas avoir entamé l’appétit de la clientèle locale pour les marques de prestige.

« Nous ne voyons pas de changement dans le sentiment ou le comportement des consommateurs à ce stade », a déclaré, mardi dernier, le directeur financier Jean-Jacques Guiony, lors de la présentation des comptes. « Cette politique ne semble pas contraire au développement de la classe moyenne et supérieure, qui est plutôt notre clientèle. » En Asie, le chiffre d’affaires de LVMH au troisième trimestre était en croissance de 26% (toujours par rapport à 2019).

Vraisemblablement, ce qui inquiète la Bourse, ce n’est pas temps le ralentissement du troisième trimestre - qui n’a pas eu d’impact sur les ventes de LVMH - que la perspective d’un atterrissage brutal de l’économie chinoise. Kering publiera ses comptes trimestriels demain, avant que Hermès et L’Oréal rendent à leur tour leur copie jeudi.

Wall Street finit sur une note contrastée, entre croissance molle et bons résultats d'entreprises

La Bourse de New York a clôturé sur une note contrastée lundi, entre inquiétudes sur la croissance et relatif optimisme quant aux publications d'entreprises.

Le Dow Jones a abandonné 0,10% à 35.258,61 points. L'indice Nasdaq, très orienté par les valeurs technologiques, a lui gagné 0,84% à 15.021,81 points, et l'indice élargi S&P 500 a pris 0,34% à 4.486,46 points.

Le marché avait démarré du mauvais pied, après l'annonce d'une production industrielle en chute de 1,3% en septembre aux États-Unis par rapport à août, quand les analystes tablaient sur une hausse de 0,2%.

En outre, le chiffre d'août a été révisé à -0,1% contre +0,4% annoncé initialement.

Les indices se sont alors enfoncés brièvement dans le rouge, avant de se reprendre, les investisseurs préférant se concentrer sur des résultats trimestriels de bonne tenue plutôt que sur la macroéconomie.

« Les valeurs financières ont bien lancé la saison », a relevé Ross Mayfield, analyste chez Baird, en référence aux publications des grandes banques américaines la semaine dernière.

Selon lui, les opérateurs ont le sentiment que les entreprises « digèrent » mieux que prévu les perturbations liées aux chaînes d'approvisionnement, en surchauffe depuis plus d'un an.

Dès lors, si des chiffres un peu meilleurs ou inférieurs aux prévisions ne changeront pas l'humeur des investisseurs, « un gros raté aurait des répercussions sur tous les marchés » financiers, selon Ross Mayfield.

Pour lui, Wall Street a intégré l'idée d'une décélération de l'économie américaine et ne s'attend plus à des surprises sur le plan macroéconomique.

Signe que le scénario central reste celui de la croissance, même moindre, avec une poussée d'inflation en toile de fond, ce qui contribue à faire remonter progressivement les taux d'intérêt.

Le taux des emprunts d'État américains à 10 ans s'affichait lundi à 1,58%, après avoir touché 1,62% plus tôt dans la journée, contre 1,56% vendredi. Quant aux rendements à 2 et 5 ans, ils se situaient toujours près de leurs niveaux d'avant l'éclatement de la crise sanitaire.

Parmi les valeurs en vue lundi, le groupe de grands magasins Macy's s'est envolé (+17,51% à 28,25 dollars), profitant d'informations de presse faisant état d'une possible introduction en Bourse de l'activité de commerce en ligne de son concurrent Saks Fifth Avenue. Selon d'autres informations de presse, la société d'investissement Jana Partners, qui a pris une position au capital de Macy's, encourage ce dernier à scinder également son activité en ligne du reste du groupe.

D'autres rivaux de Saks, Nordstrom (+5,48% à 29,62 dollars) et Kohl's (+3,47% à 48,02 dollars) profitaient de cet élan.

Mal en point depuis le début des révélations sur Instagram et la sortie de la lanceuse d'alerte Frances Haugen, Facebook relève la tête (+3,26% à 335,34 dollars). Après avoir perdu plus de 15% entre début septembre et début octobre, le titre a repris lundi.

Le géant américain des réseaux sociaux prévoit d'embaucher 10.000 personnes d'ici à cinq ans en Europe pour travailler sur le "métavers", considéré par les autres géants du web et du jeu vidéo comme le prochain grand saut technologique dans l'évolution d'Internet.

Apple a bénéficié (+1,18% à 146,55 dollars) de la présentation, lundi, de plusieurs nouveaux produits, notamment une nouvelle génération d'AirPods qui permet d'utiliser la technologie d'écoute immersive Spatial Audio (le son semble venir de toutes les directions).

Le site d'annonces immobilières Zillow a dévissé (-9,45% à 86 dollars), plombé par la suspension temporaire de son programme d'achats de biens immobiliers, destinés à être ensuite revendus par la société, une activité en plein essor actuellement aux États-Unis. Zillow entend ainsi prendre le temps de faire diminuer son inventaire existant. Son concurrent Opendoor (+3,12% à 24,16 dollars) en a profité.

Le groupe de médias Sinclair a souffert (-2,94% à 26,39 dollars) de la révélation d'une attaque au "rançongiciel" dont il a fait l'objet. Si les dégâts semblent avoir été circonscrits, l'incident affectait encore lundi la diffusion de publicités sur ses chaînes de télévision locales, selon l'entreprise.

A la veille du début de la cotation du premier fonds indiciel (ETF) indexé sur le bitcoin à Wall Street, un événement considéré comme majeur pour la popularisation des cryptomonnaies, la plateforme d'échange de devises digitales Coinbase a progressé de 4,54% à 293,34 dollars.

 

Palmarès du Cac 40 – séance du jour

Le top 5 du jour des valeurs du Cac 40

Le flop 5 du jour des valeurs du Cac 40

 

Point sur les matières premières principales

 

L’analyse technique du jour par DT Expert

Depuis mai 2020, après la crise du Covid, le titre Unibail peine à se reprendre, ne parvenant pas à revenir sur ses niveaux d'avant crise. Depuis juin, le titre évolue au sein d'un canal descendant, les cours ayant butés à trois reprises sur la borne supérieure ne parvenant pas à la franchir. Les moyennes mobiles 20 et 50 évoluant au-dessus des cours et le RSI n'ayant pas encore atteint le seuil de survente des 30 nous confortent dans notre scénario baissier. Nous nous positionnons donc à la vente avec en ligne de mire un retour sur le support à 58,40€ en amont d’une accélération vers la borne basse du canal à 54€ correspondant aussi au plus bas annuel.

Scénario alternatif : le dépassement de notre point pivot des 64,50€ entraînerait un retour sur la borne haute du canal voire sur la résistance à 70,50€.

Sélection d’un turbo Call et d’un turbo Put pour jouer la hausse ou la baisse du sous-jacent

Voici notre sélection de turbos de la gamme Vontobel pour ceux qui souhaitent jouer la hausse ou la baisse du sous-jacent sélectionné :

Bonne journée, bons trades et à la séance prochaine pour la suite de nos aventures…

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06/12/2021 16:25:19

 

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